Suite à la publication d’un premier article sur les relations amoureuses en Colombie et d’un mini-guide pour séduire en Colombie, Colombianito est de retour pour parler d’amour.

Aujourd’hui je laisse la place à une amie expatriée, Coraline, pour aborder le thème des relations sentimentales dans cette partie de l’Amérique Latine.

Un point de vue féminin qui vient s’ajouter à celui d’Ana Maria qui nous avait donné 7 trucs et astuces pour nos relations amoureuses franco-colombiennes. Dans un registre plus léger nous avions aussi déjà discuté des bonnes raisons de sortir avec une colombienne.

Je te laisse donc en compagnie de Coraline (merci encore pour cette publication intéressante et très attendue). Bonne lecture et n’hésite pas à poser tes questions et partager tes aventures (ou mésaventures) en commentant cette publication !

Être une fille en Colombie : relations amoureuses

Que l’on passe quelques semaines en Colombie, quelques mois, ou bien que l’on s’y installe pour de bon… on se demande forcément à un moment donné comment aborder l’autre, et comment trouver le type de relation qui nous convienne, dans un pays aux codes culturels très différents.

Il existe quelques articles abordant le sujet, l’idée de celui-ci est d’apporter cette fois-ci un point de vue féminin, subjectif bien sûr.

Séduire et être séduite en Colombie

La Colombie offre de nombreux cadres propices à la séduction : les paysages de la côte caraïbe qui appellent aux vacances et à la relax, le fait de pouvoir mouver son corps au rythme de la salsa, de la merengue, du vallenato ou de la champeta dans n’importe quel coin du pays, la facilité d’échanger et de partager avec des inconnus ouverts et chaleureux. Mais en réalité, ici, la séduction est tout un art. Si certains ne sont pas très doués (on dit « lourds », c’est bien ça ?), comme partout dans le monde, beaucoup contrôlent à la perfection le jeu de la séduction. Ça passe par des regards langoureux, des compliments à tout va, et la sensation que la personne n’a d’yeux que pour vous. Ce qui peut résulter très agréable.

La Colombie, un pays machiste ?

Cependant, il est nécessaire de comprendre les codes culturels qui structurent les rapports hommes/femmes en Colombie. Ce que j’en comprends aujourd’hui vient de mes expériences propres, de celles d’amies non colombiennes, et d’innombrables discussions avec des colombien/nes, en particulier avec les chauffeurs de taxi, dont les conseils se sont souvent révélés particulièrement justes.

La Colombie est un pays particulièrement patriarcal et machiste, où les positions sociales sont genrées. C’est à dire que chacun, homme ou femme, vont tenir des rôles précis qui ne sont pas facilement interchangeables. Je me rappelle la première fois que j’ai invité un homme à danser, sa surprise – ça ne se fait pas ici, ce n’est pas offensif mais ça peut donner le message de « tu m’intéresses » ou donner la sensation d’être une femme particulièrement sûre d’elle, ce qui peut faire peur à l’homme colombien. Il faut souligner l’importance ici de « la conquête » de la femme (ce sont leurs mots) qui suit des étapes très précises : si un homme est intéressé par une femme, il l’invite à un café, puis à un verre, puis à un resto… parfois l’étape de la conquête prend plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant de décider s’il s’agit d’une relation sérieuse ou non. Dans le cadre de la conquête, au départ c’est beaucoup du « je te fuis, tu me suis… » de la part de la femme. C’est à dire que pour vérifier que l’homme est réellement sérieux, il est normal de le faire attendre, puisqu’il doit démontrer, convaincre, qu’il est intéressé. Beaucoup de femmes colombiennes attendent donc que l’homme les invites, se montre gentleman, leur fasse des cadeaux… Dans la même idée, il peut s’écouler un bon moment avant qu’il y ait des relations plus intimes.

Les relations sans lendemain en Colombie

D’un autre côté, un coup d’un soir est relativement facile, mais si l’on souhaite une relation plus « casual » de manière suivie, ce n’est pas forcément évident. Les colombiens sont plus réservés sur ce sujet, et la communication plus directe des françaises se révèle souvent trop frontale. Sans compter que pour une femme, coucher rapidement peut avoir comme conséquences d’être taxée de « fille facile ». Ça existe encore en France aussi bien sûr, mais c’est beaucoup moins courant.

Un autre détail à prendre en compte – beaucoup d’hommes vont parfois avoir des relations en parallèle à leur couple (la fidélité est perle rare me semble t-il). Certains m’ont confié qu’ils ne recherchent pas des relations en tant que telles, qui peuvent demander un investissement économique, en temps, et générer des attentes chez la femme, et vont donc plutôt enchaîner des « coups d’un soir ». Ce qui implique peut-être un bon moment de séduction au préalable, sans forcément qu’il vous rappelle le lendemain.

Comment se comporter ?

On se demande alors, comment faire ? Attendre sagement qu’on nous invite à danser, qu’on nous conquière, qu’on nous dise ce qu’on veut de la relation ? Ou rester nous-mêmes, être directes si on le souhaite, pouvoir partager ses désirs tranquillement et d’une certaine manière lutter contre un machisme bien ancré ?

Il y a quelques jours je discutais avec deux bogotanais (hommes), qui se plaignaient de ces jeux de séduction et me disaient rêver de relations plus simples… « Ça existe, et les mentalités commencent à changer peu à peu. Et c’est en mettant les choses sur la table et refusant certaines manières de fonctionner qu’on transforme les relations. »

Il n’est pas toujours évident de s’adapter complètement à la culture d’un pays, surtout quand ça choque avec nos valeurs… Et je crois que c’est d’autant plus le cas dans le cadre des relations amoureuses. Mais finalement, on finit toujours par trouver des relations et des personnes qui nous conviennent, malgré les chocs culturels, et parfois grâce à eux.

Coraline (expatriée à Bogotá, Colombie)